Crise économique, sociale et écologique : Quelles alternatives ?

Jean – Pierre CORSIA – Motion E – Intervention en réunion de section le samedi 18 Octobre.

« Les mouvements de marché ne sauraient affecter durablement la croissance de notre économie qui est robuste » a écrit Nicolas Sarkozy

« Le gros de la crise est derrière nous » a déclaré Christine Lagarde
Le Gouvernement et Nicolas Sarkozy ont longtemps nié l’évidence.

Quel diagnostic faisons nous ?

La sphère financière s’est affranchie de l’économie réelle et cela favorise l’émergence de crises d’un genre nouveau, extrêmement violentes et pouvant frapper par contagion tous les pays du monde ;

Le capitalisme industriel basé sur les managers à laissé la place au capitalisme financier qui démantèle les entreprises , qui déstructure l’organisation du travail et les syndicats. On assiste ainsi à la prise de contrôle par la bourse du fonctionnement des entreprises.

Les conséquences sont redoutables :

Nous connaissons une grave crise alimentaire qui plonge des centaines de millions de personnes dans la famine.
Nous connaissons aussi une forte spéculation sur les matières premières.
Les délocalisations sauvages se multiplient.
Le coût du pétrole augmente les prix.
La crise écologique et climatique est inquiétante.

La crise financière mondiale que nous vivons aujourd’hui et qui est loin d’être terminée était prévisible.

A chaque fois on a pris la résolution de changer les règles et l’on a rien fait, l’inertie et la course à l’argent facile ont repris le dessus.

Que s’est il passé ?

En 1971, 18 milliards de dollars étaient échangés chaque jour. Aujourd’hui, ce sont près de 1800 milliards de dollars qui circulent quotidiennement sur les marchés financiers.

Ces mouvements de capitaux correspondent bien souvent à des engagements de très court terme. Il ne s’agit pas d’investissement dans des projets de développement, mais de placement purement spéculatifs avec des taux de rendement de 15 à 20 %.

Le monde financier ne tient pas compte de l’économie réelle, il est orienté vers le profit pour le profit.

Le système bancaire n’a pas respecté les règles internationales. C’est ainsi que l’on a prêté toujours plus en dépit des règles de prudence avec un taux d’endettement des ménages américains qui a atteint des niveaux insoutenables et qui a précipité la crise financière.

Quant aux fonds spéculatifs , ils n’ont jamais été assujettis à la moindre règle car ils ont souvent leurs siège dans les paradis fiscaux.

Par ailleurs, les agences de notation n’ont pas fait leur travail, elles ont systématiquement sous - estimé les risques en continuant de noter triple A des institutions dont on sait aujourd’hui qu’elles étaient contaminées par des créances douteuses. Et elles ont le culot de dire aujourd’hui « mais nous donnions juste une opinion, c’est notre liberté d’expression, vous n’étiez pas obligé de nous suivre »

Alors , on ne peut plus dire « l’Etat ne peut rien, il n’y a rien à faire » Si la gauche est au pouvoir, c’est bien pour agir, c’est pour dire qu’un autre monde est possible, un ordre financier, économique, écologique et social juste et efficace.
La mondialisation doit être au service d’un progrès de civilisation.
Le système financier doit être au service de l’économie pour créer de l’emploi et de la valeur ajoutée et pour répondre aux besoins du développement humain durable.

L’heure pour la gauche, n’est plus aux diagnostics tièdes, ni aux appréciations timorées, mais à la lucidité radicale et à la proposition d’un autre système.

Nous devons protéger les petits épargnants et les entreprises qui créent de l’emploi et qui innovent.

Nous devons intervenir pour sauver les banques menacées de faillite afin d’éviter l’effondrement des marchés et des entreprises.

Mais nous devons intervenir en posant une condition radicale, immédiate et non négociable : l’intervention publique doit être conditionnée à une révolution en profondeur du système financier international.

Le réalisme ce n’est pas seulement de venir au secours des banques mais aussi d’établir de nouvelles règles.
Il faut arrêter de jouer à pile je gagne, face tu perd.
Il ne faut plus croire à l’auto discipline ni à l’auto-régulation des opérateurs financiers : Cela fait des années qu’on nous le promet et cela n’a pas été fait.
Il vaut mieux , comme disait Spinoza, compter sur les lois que sur une improbable évolution de la nature humaine pour régler le destin des nations.

Le rôle du politique est de définir des règles capables de prévenir les crises financières.

Il faut donc impérativement de nouvelles lois financières pour :

  • Réviser et mieux faire respecter les règles prudentielles liées aux crédits bancaires.
  • Interdire la pratique d’une activité bancaire aux grandes compagnies d’assurance qui échappent à tout contrôle. A chacun son métier.
  • Limiter voire interdire la pratique des banques commerciales qui développent des services financiers logés en dehors de leurs bilans et qui achètent les crédits risqués des subprimes par le procédé de titrisation.
  • Imposer des règles aux fonds spéculatifs et à la rémunération des traders.
  • Créer de nouveaux mécanismes d’évaluation, avec des agences publique européennes de notation.
  • Interdire les bonus de type stock option non assujettis à l’impôt sur le revenu.
  • Lutter contre les paradis fiscaux déjà au moins au niveau européen
  • Mettre en place une autorité européenne des marchés financiers placée auprès de la BCE. Et pourquoi ne pas certifier la qualité des produits financiers ?
  • Soutenir d’urgence les PME qui vont être les plus touchés par la crise en mettant en place une banque qui leur serait consacrée.

Nous ne devons pas nous contenter de sauver le système financier tel qu’il est, nous devons l’inscrire dans une éthique en plaçant l’individu au centre d’un développement durable.

Il faut mettre un frein au piratage du patrimoine collectif en mettant en œuvre de nouveaux modes de répartition des richesses qui prennent en compte le capital, le travail mais également la créativité. Surtout ne pas oublier de rémunérer la créativité qui permet l’innovation.
Nous en aurons besoin pour développer une économie fondée sur la croissance verte c’est à dire une croissance sobre, en rupture avec toujours plus d’énergie, de matières premières, de déchets et de destruction de l’écosystème.

Nous devons arrêter de produire toujours plus pour consommer encore plus. Nous devons privilégier les vrais besoins, la vraie utilité qui améliore vraiment la condition de tous les hommes par rapport à la futilité et au gaspillage.
Tout se tient, nous voulons créer un autre modèle de développement ou la question de l’économique, du social et de l’écologie marchent ensemble, un modèle de développement qui récompense plus l’entrepreneur consciencieux que le trader malhonnête et flambeur.

Rassemblons nous pour faire bouger les lignes. Bougeons nous pour que nos enfants et les générations à venir ne puissent pas dire « Comment n’ont – ils rien vu venir ? »

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